Mme Maguelone RENARD
Soutiendra samedi 17 octobre 2026 à 14 h
Salle des Actes n° 011 à l’Université de Montpellier Paul-Valéry, Site Saint-Charles 1
une thèse de DOCTORAT
Discipline : Études grecques et latines
Titre de la thèse : Médiations divines et réconciliation : la notion de médiation chez Saint Augustin
Composition du jury :
- Mme Anne-Isabelle BOUTON-TOUBOULIC, Professeure, Université de Lille
- M. Giovanni CATAPANO, Professeur, Université de Padoue (Italie)
- Mme Laëtitia CICCOLINI, Professeure, Sorbonne Université
- M. Anthony DUPONT, Professeur, KU Louvain (Belgique)
- M. Jérôme LAGOUANÈRE, Maître de conférences habilité, Université de Montpellier Paul-Valéry, directeur de thèse
- M. Mickaël RIBREAU, Maître de conférences habilité, Sorbonne Nouvelle
- Mme Lucia SAUDELLI, Professeure, Université de Montpellier Paul-Valéry
Résumé de la thèse :
Cette thèse retrace la genèse de la notion de médiation dans les premiers écrits d’Augustin, des dialogues de Cassiciacum aux Confessions. Elle montre comment la médiation, d’abord pensée dans l’horizon de l’élévation intellectuelle de la mens vers l’intelligible, se recompose progressivement en médiation christologique et sotériologique. L’enjeu n’est pas seulement de repérer les figures intermédiaires présentes chez Augustin, mais de comprendre le passage d’un modèle platonicien et néoplatonicien, marqué par la pluralité des médiations cosmiques, pédagogiques ou noétiques, à l’affirmation de l’unique médiation du Christ. Par une archéologie conceptuelle attentive aux déplacements internes des textes, l’étude distingue trois moments. Dans les écrits de Cassiciacum, la médiation demeure largement intellectualiste : elle ordonne l’âme à la vérité et à la conversion du regard, tout en laissant déjà apparaître le Christ comme auctoritas, medicus et Veritas. Dans les années 387-391, cette configuration se réinterprète à travers les médiations chrétiennes de l’Église, de l’Écriture, du signe et du Maître intérieur, qui donnent à la recherche de la vérité une dimension ecclésiale, scripturaire et pédagogique. Enfin, après la lecture de Paul, la médiation se concentre autour du Christ mediator et liberator, qui réconcilie l’homme pécheur avec Dieu, guérit sa volonté blessée et rend possible la conversion effective. La thèse met ainsi en lumière l’unification progressive de la médiation autour du Christ et le passage d’une dynamique d’ascension intellectuelle à une théologie de la réconciliation. Elle renouvelle la lecture des premiers écrits augustiniens en montrant que la médiation permet de saisir la transformation de l’héritage philosophique reçu par Augustin en pensée chrétienne du salut.
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This dissertation traces the genesis of mediation in Augustine’s early writings, from the Cassiciacum dialogues to the Confessions. It shows how mediation, initially framed by the intellectual ascent of the mens toward the intelligible, is gradually reconfigured as christological and soteriological mediation. The issue is not merely to identify intermediary figures in Augustine’s works, but to understand the transition from a Platonic and Neoplatonic model, marked by a plurality of cosmic, pedagogical, and noetic mediations, to the affirmation of Christ’s unique mediation. Through a conceptual archaeology attentive to internal shifts within the texts, the study identifies three stages. In the Cassiciacum writings, mediation remains largely intellectualist: it orders the soul toward truth and the conversion of vision, while already allowing Christ to appear as auctoritas, medicus, and Veritas. In the years 387-391, this configuration is reinterpreted through the Christian mediations of the Church, Scripture, the sign, and the Inner Teacher, which give the search for truth an ecclesial, scriptural, and pedagogical dimension. Finally, after Augustine’s reading of Paul, mediation comes to be centered on Christ as mediator and liberator, who reconciles sinful humanity with God, heals the wounded will, and makes effective conversion possible. The dissertation thus highlights the progressive unification of mediation around Christ and the passage from intellectual ascent to a theology of reconciliation. It offers a renewed reading of Augustine’s early works by showing that mediation makes it possible to grasp the transformation of the philosophical heritage received by Augustine into a Christian understanding of salvation.







